Warriors : Legends of Troy est un jeu vidéo Xbox 360 publié par KOEIen 2011 .

  • 2011
  • Beat them all

Test du jeu vidéo Warriors : Legends of Troy

3.5/5 — Très bien par

Voilà un titre plein de bonnes intentions qui part sous un bien mauvais signe. Du fait de l’appartenance à un même genre et développé par Koei également, Warriors : Legends of Troy souffre immédiatement de sa comparaison avec Dynasty Warriors.

Si les fans de Dynasty ne verront là qu’une déclinaison « moins riche » empruntant au cycle Troyen, ceux d’entre vous que la série des Dynasty Warriors révulsent n’y verront également qu’une autre itération bourrine et répétitive de la série. Pourtant, dans les deux cas, ces raccourcis ne seraient qu’une façon bien malheureuse de juger un jeu honnête développant ses propres qualités.

Legends of Troy c’est quoi ?

Eh bien tout d’abord, il s’agit de l’une des très rares adaptations de l’Iliade (et plus largement d’une très vaste partie du cycle Troyen, pratiquement du début jusqu’au sac de Troie) en jeu vidéo.

L’adaptation, en somme, de l’un des textes épiques majeurs du patrimoine de l’humanité et qui, même au travers d’une adaptation certes pas vraiment à la pointe des gros blockbusters des jeux vidéos, est gonflée d’un souffle mythologique démesuré grâce à une histoire à la trame hantée de personnages charismatiques et si torturés qu’il est souvent difficile de démêler le bien du mal.

L’enlèvement d’Hélène par Pâris, prince de Troie, l’ayant ravie à son époux légitime Ménélas, roi de Sparte, frère d’Agamemnon « roi des rois », provoque l’entrée en guerre de la Grèce contre Troie, cité fortifiée d’Asie mineure.

Le siège de Troie qui s’éternisera 10 longues années voit les efforts de héros glorieux tant du côté grec que du côté des Troyens mais parmi eux, l’un se dégage particulièrement et influera profondément sur le cours des évènements, le tout puissant Achille.

Le jeu nous narre au travers de brillantes cinématiques les causes de la guerre, basculements de batailles en batailles et les tourments qui habitent les différents protagonistes livrés au jeu cruel des dieux.

Le joueur passera sans cesse d’un camp à l’autre, incarnant les principaux héros de la guerre de Troie dans une mise en scène qui ne prend le parti de personne. Aussi se verra-t-on parfois aux commandes d’Achille pour abattre sa fureur sur les Troyens ou aux côtés d’Hector et Pâris de Troie pour tenter d’y résister.

Laissant vivre ses héros d’une façon inhabituelle en comparaison de la série des Dynasty Warriors, Legends of Troy s’applique plus à retranscrire l’histoire et ses méandres que la saga vidéoludique à laquelle il est apparentée (même dans le 7eme épisode de Dynasty, le dernier en date qui s’acharne pourtant un peu plus à donner dans le contenu historique).

Au-delà de ça, c’est surtout par le soin porté à sa mise en scène que Legends of Troy se démarque. Je l’ai déjà dit, le répète et le répèterai encore, nous sommes là face à un véritable « film épique » porté d’ailleurs par une bande-son remarquable, dont les thèmes principaux et leurs déclinaisons ne sont pas sans rappeler les musiques de Gladiator ou encore de Kingdom of Heaven, de Ridley Scott. Dans ses thématiques et dans sa forme, Legends of Troy mise clairement sur l’utilisation des codes des péplums modernes au cinéma, pour le plus grand plaisir des amateurs du genre.

Niveau gameplay et réalisation

On retrouve les bases de Dynasty niveau enchaînements de coups, entre un coup fort, un coup faible et une touche de « furie » auxquels s’adjoignent avec intelligence une garde (autorisant de casser les attaques) ainsi que des coups « assommants » lancés au bouclier.

Pas de saut mais des esquives et une ardeur des ennemis au combat accrue par rapport aux standards de la série modèle. Si des finish font leur apparition pour exécuter sauvagement les adversaires déstabilisés ou en fuite, et qu’il est possible avec un peu de savoir faire d’abattre très vite certains combattants d’apparence coriace, Legends of Troy n’en est pas moins corsé, tant ses combats demandent précision et utilisation savante de la garde.

Si les combats ne sont pas orientés « réalisme » à proprement parler, on note tout de même (toujours par rapport à Dynasty) une approche plus carrée et brutale misant énormément sur l’implication du joueur dans les mêlées, et un rendu cinématographique accentué par les « coups parfait » (doté d’un bon timing) et les finish lors desquels il n’est pas rare que la caméra se dispose de sorte à amplifier la brutalité des attaques portées.

On constate énormément de choix qui semblent véritablement être là pour contredire « à la façon Dynasty Warriors », tantôt pour le meilleur (un système de vies bien plus intelligent, un système de combat plus fin, des dialogues logiques et non entretenus avec des personnages sensés être à l’autre extrémité du champ de bataille), tantôt pour le pire (quelques combats qui jouent bien trop sur la technique avec parfois énormément de lourdeurs et certains ennemis incroyablement énervants).

Le plus grand bémol restera l’absence complète d’un système de progression ; ici c’est au joueur de maîtriser le gameplay. En plus, les quelques objets que l’on pourra acheter au moyen de points d’expérience en cours d’aventure ne se montreront que d’un très maigre secours dans la majeure partie des situations. Sans compter que leur prix prohibitif et la place qu’ils prennent dans l’inventaire aux cases plus que limitées laisse à penser qu’ils ne sont là que pour draguer les chasseurs d’objets et ajouter un rien de durée de vie.

Autre grand défaut : un contenu terriblement limité et qui, cette fois-ci, souffre pleinement de son illustre comparaison, tant les Dynasty Warriors sont (et depuis longtemps) des jeux quasiment infinissables à 100%.

Quelques artworks (bien jolis), un mode vidéo, un sound test, un mode challenge assez faible et un choix de niveaux ne cachent pas l’absence de mode 2 joueurs en coopération et une campagne au demeurant assez courte, malgré une difficulté élevée et un scénario irréprochable et rondement mené.

Outre cela, ceux qui n’apprécient pas les beat ‘em all nouvelle génération (post-Dynasty) ne trouveront pas là un véritable renouveau du genre. Aussi si le bourrinage répétitif vous fait peur, passez votre chemin, car en plus de cela vous pourriez vous confronter ici à un exemple très « difficile » et hermétique aux newbies, qui pourrait vous rebuter plus qu’autre chose.

Conclusion

Je finirai en insistant encore sur la mise en scène digne d’un film, soulignée par une réalisation graphique plus que correct, un character design agréable, un environnement sonore soigné avec des comédiens qui assurent bien leur taf et une foultitude de sons de batailles très bien rendus, des bruits de glaives aux hurlements des foules. Tout cela est au service d’un soin cinématographique constant, qui fait de ce jeu une sorte de film interactif sur un évènement historico-mythologique démentiel, qui saura clairement séduire ceux d’entre vous qui sauront se laisser porter par son atmosphère remarquable.

Legends of Troy n’a rien du jeu de l’année mais il possède une ambiance, des personnages et un scénario fabuleux qui justifient tout à fait son achat pour les joueurs bourrins amoureux de belles histoires.

On le recommandera néanmoins plutôt au rayon des occaz qu’à plein tarif.

Warriors : Legends of Troy