Whirlo est un jeu vidéo Super NES publié par Namcoen 1992 .

  • 1992
  • Action

Test du jeu vidéo Whirlo

1.5/5 — Bof… par

«Eh mec ! Ouais, toi, là. Un jeu au nom débile où t’incarnes le cousin du bonhomme Cetelem… Non, je veux dire, un jeu au titre accrocheur et au héros charismatique, ça te branche ? Oh allez, quoi, ça fait dix-huit ans qu’il traîne dans mes cartons… Je veux dire, il est devenu ultra-collector. Non ? Vraiment ? Et si je te dis que c’est le troisième épisode de la série des Valkyrie, c’est mieux, non ? Allez mec, je te le fais à cent trente-quatre euros, et autant dire qu’à ce prix-là, je m’tranche la gorge !»

LE PETIT BONHOMME EN MOUSSE

C’est ainsi que ce jour-là, Planteur-J.M.T.L.G. vendit non pas une saucisse dans un petit pain, mais un jeu Super Famicom à l’arrière-goût tout aussi désagréable.

Il était le dernier représentant d’une trilogie entamée sur Famicom par le médiocre « Valkyrie no Bouken : Toki no Kagi Densetsu » puis poursuivie en arcade (et sur PC Engine) par le sympathique mais pas transcendant « Valkyrie no Dentetsu ». Lui s’appelait, de son vrai nom, « Xandra no Daibouken : Valkyrie to no Deai », et avait à peu près autant de rapport avec ses aînés qu’un pitbull peut en avoir avec une porte cochère.

Il disposait sans aucun doute d’un scénario unique et renversant, mais comme il n’avait pas eu l’heur de connaître une traduction dans un langage compréhensible, ce dernier restait hors de portée du commun des mortels. Tout juste devinait-on que la race des Monsieur Cetelem (si, je vous assure, on dirait des brocolis avec deux bras et deux jambes) courait un grave péril, et que seul leur héros Xandra - déduction faite du titre du jeu - pouvait les sauver.

CINQUANTE MILLIONS DE PETITS HOMMES PRÉHISTORIQUES, ET MOI ET MOI ET MOI

Whirlo était un jeu de plates-formes/action qui, dans ses mécaniques, se rapprochait des beat ‘em all de la première heure, façon Renegade et consorts. L’aventure courait le long de cinq mondes, chacun se subdivisant en plusieurs zones qui s’enchaînaient sans temps mort, et vous permettaient ainsi de voyager de forêt en marécage et de château en catacombes, entre autres.

Tout au long de son parcours, Whirlo/Xandra devait affronter des flots d’ennemis qui se déversaient des deux côtés de l’écran, sans discontinuer, tout en sautant par-dessus les précipices et autres pièges fatals. En effet, la moindre touche pouvait envoyer le héros ad patres, et il n’avait plus qu’à recommencer depuis le début de la zone où il se trouvait (je sais pas vous, mais moi cet imparfait commence à me gonfler sévère ; c’est dommage que ce soit pas moi qui écrive ; ah ben si en fait, c’est moi ; bon ben du coup je me dis merde et je reviens au présent).

Heureusement, Whirlo n’est pas une demi-molle, et il est capable de plein de trucs super bien, comme par exemple marcher si vous appuyez sur la croix directionnelle, ce qui lui permet euh… ben… d’avancer (ou de reculer le cas échéant, du coup comment veux-tu…?), ou encore de sauter si vous appuyez sur B, cette attaque ultime vous permettant de passer par-dessus les trous, les piques, les ennemis voire les bols de porridge. Hélas, personne n’a pensé à intégrer des bols de porridge dans le jeu.

Le bouton A permet, quant à lui, de sauter d’autant plus haut que vous l’aurez maintenu enfoncé avant de le relâcher (repassez-vous le film au ralenti et vous constaterez que même cette phrase est écrite en français, sisi), ce qui est donc complètement différent du bouton B qui, lui, vous fait toujours sauter à la même hauteur, même si vous écrasez la touche jusqu’à en perforer la manette. Du coup pourquoi utiliser B, me demanderez-vous ? Après deux secondes de réflexion, je vous répondrai que B n’a pas besoin d’être chargé : vous n’êtes donc pas obligés de tout lâcher pour préparer votre saut. Et puis si vous chargez un saut A (par opposition au saut B) tout en courant, vous ne sauterez pas vers le haut mais vers l’avant, ce qui peut se révéler utile lorsque vous aurez compris le truc, mais casse-gueule avant d’en arriver là.

Je vous laisse souffler deux secondes ? Non, parce qu’il nous reste encore deux boutons à discuter. C’est bon ? OK. Le bouton Y permet de frapper, à l’aide du trident que manie le héros. Et le bouton X enfin, déclenche le Whirlowind, une attaque spéciale qui, comme son nom l’indique, ressemble vaguement à une tornade en forme de brocolis.

IL NE SUFFIT PAS DE RESSEMBLER À CETELEM POUR FAIRE DU BROCOLIS

Je dois vous avouer un truc : si j’ai choisi de tester ce jeu, c’est uniquement pour la gueule de chou du héros, qui me promettait quelques jeux de mots qui finalement ne sont pas venus (boh, j’avais bien deux-trois trucs sous le coude, mais rien qui mérite de figurer dans Veda et de passer à la postérité).

Parce qu’il faut bien dire que pour le reste, Whirlo n’a vraiment rien pour lui. Les graphismes sont d’une grande banalité, les couleurs un peu fadasses, les animations fortement hachées et la bande-son tellement oubliable qu’il m’a fallu y rejouer pour vérifier qu’il en avait bien une.

C’est d’ailleurs bien la seule excuse que l’on puisse trouver pour jouer (et a fortiori rejouer) à un titre qui offre une maniabilité autant en mousse que son héros. Les sauts A sont chiants à sortir et impossibles à diriger, le level-design est d’une platitude affolante et la difficulté est tellement irrégulière qu’elle en devient frustrante.

Autant oublier cette mascarade donc… À moins… Mais oui ! À moins qu’il ne s’agisse en fait d’un pamphlet contre les mauvais assureurs, que le gentil Monsieur Cetelem repousse à la seule force de ses Crédits Raisonnables, représentés en jeu par le trident ! Namco ne serait donc qu’une couverture cachant la régie publicitaire d’un organisme de crédit tentaculaire qui tente de prendre le contrôle du monde par le biais de ses espions chinois du FBI positionnés à Bilderberg ! Mais Ils ne m’auront pas si facilement ! Et si jamais je me fais capturer et laver le cerveau, VOUS serez les derniers garants de la Vérité. Vous saurez qu’Ils me retiennent captif dans leur super-prison sur la face cachée de la Lune. Vous devrez alors venir me délivrer, car moi seul puis vous montrer comment les reconnaître… Oui, ça a un rapport avec les brocolis, comment tu le sais ?

Whirlo