Syvalion est un jeu vidéo Super NES publié par Taitoen 1992 .

  • 1992
  • Shoot Them Up

Test du jeu vidéo Syvalion

3/5 — Très bien par

Qu’y a-t-il donc de pourri dans cet univers sans fin ? Que pousse donc les extraterrestres à toujours vouloir envahir la Terre ? Pauvres humains que nous sommes ! Nous ne savons pas encore que nous courons tous un grave danger, mais vous, vous le savez. Vous auriez alerté les autorités, si seulement votre radio n’était pas hors-service. Bien que vous soyez coincé sur la planète alien, vous n’allez pas rester sans rien faire. Votre seul espoir est de dérober le dragon légendaire Syvalion.

Vous, le pilote hors-pair, vous voilà maintenant aux commandes de l’arme la plus destructrice jamais conçue. Votre mission, que vous avez définie vous-même, est des plus simples : détruire au plus vite les commandants de l’invasion qui se prépare. Pour la mener à bien, vous allez utiliser toute la puissance du Syvalion. A l’inverse de la majorité des shoot them up, son sprite est l’un des plus gros du jeu. De prime abord, il impressionne par sa taille en procurant une sensation d’invincibilité. Cependant, cette impression ne sera que de courte durée. En effet, vous comprendrez rapidement les défauts de ce dragon spécial. D’abord, un gros vaisseau est une cible facile pour les ennemis et de plus ne permet pas des manœuvres d’évitement aussi souples qu’un minuscule sprite, comme le Viper de Gradius par exemple. En effet, l’inertie de ce monstre est trop élevée, interdisant des déplacements brusques. Ainsi, lorsque vous vous ferez surprendre, éviter une attaque par la fuite se terminera inéluctablement par une collision, soit avec un tir, soit avec un engin adverse. La queue du dragon suit toujours à retardement les mouvements de la tête, ce qui fait qu’elle réagit trop lentement. Ensuite un autre problème de maniabilité vient se greffer à celui de l’inertie. L’appareil Syvalion a la mauvaise manie de rebondir sur les murs. Comme il se déplace dans des dédales alambiqués, parfois on pourrait penser que ce shoot them up est un jeu de flipper, tellement le comportement du dragon ressemble à celui d’une boule.

Après toutes ces mauvaises critiques, vous allez être dégoûté du jeu ! Pourtant, il vous réserve quelques surprises. La première, nous en avons déjà parlé, il s’agit de la forme particulière du vaisseau allié. La deuxième, quant à elle, est le scrolling singulier du shoot. A l’opposé de l’ensemble de ses confrères, vous n’êtes pas tributaire du défilement du décor, puisqu’en fait vous le gouvernez. Vous êtes enfermé dans un couloir et devez trouver le chemin vers le gardien de fin de stage. Le scrolling multi-directionnel suit vos mouvements dans tous les sens : aussi bien vers le haut, le bas, la gauche ou la droite. Le dragon a la faculté de faire des tours à 360° et de tirer dans toutes les directions. C’est donc le joueur qui définit la vitesse du jeu. Cependant, comme le temps s’écoule à grands pas, il ne vaut mieux pas s’attarder en un lieu, aussi sûr soit-il. Toujours avancer coûte que coûte. La troisième surprise provient de l’agencement des niveaux. Chaque partie que vous engagerez sera différente, car les stages ne seront jamais les mêmes. La console doit sûrement les construire d’une manière aléatoire avec un assemblage, à la suite, de blocs pré-enregistrés. Ainsi, encore une fois, ce shoot them up innove en ne montrant plus des décors statiques mais un environnement évolutif. En conséquence, on n’appréhende pas Syvalion comme les autres jeux du même genre. Il est inutile d’apprendre les niveaux par cœur, seuls comptent les réflexes, la dextérité et un minimum de stratégie.

Techniquement :

Graphismes : Tout au long de l’aventure, les décors reflètent invariablement le même style épuré, c’est-à-dire des parois aux contours carrés, peu détaillés et ne ressemblant à rien. On note seulement des structures métalliques mal agencées, conséquence d’une organisation laissée à un ordinateur. Au final, les graphismes ne sont pas inspirés et plutôt moches. De plus, on a la fâcheuse impression de traverser encore et encore les mêmes passages. En effet, d’un niveau à l’autre, on revoit exactement les mêmes pans de murs. Idem au regard des ennemis rencontrés.

Animation : Aucun ralentissement n’est à déplorer, pourtant cela n’était pas courant en ce début de vie de la console. Néanmoins, il n’y a aucun exploit à cela, car la puissance de la machine n’est pas franchement sollicitée. L’écran ne regorge pas énormément de sprites, peut-être à cause du fait que celui du Syvalion est de taille imposante. On n’observe pas non plus de scrolling différentiel de l’arrière-plan, tout est figé. Une animation correcte en somme.

Jouabilité : A cause du scrolling multi-directionnel, le maniement du dragon déroute lorsqu’on le découvre. Contrairement aux shoot them up classiques, le Syvalion ne tire pas toujours droit devant, dans la même direction. Vous pouvez le faire tourner dans tous les sens et tirer sur 360°. Dragon qu’il est, le vaisseau crache des flammes à courte portée, qui s’essoufflent si elles sont trop longuement utilisées. Il n’y a pas de bonus pour augmenter la puissance de frappe. Par contre, si vous jouez bien dans un niveau, au suivant vous obtiendrez une nouvelle aptitude (invincibilité, boules à tête-chercheuse…)

Son : Les musiques avec des échos sont typiques des séries de science-fiction de l’époque. Elles reflètent l’idée que l’on se fait du vide spatial. Globalement elles sont sympathiques et retranscrivent la même ambiance donnée par les décors. Vous vous sentirez bien seul dans ce monde hostile.

Syvalion