J’ai collé la note maximale aux 2 premiers Resident Evil, mais je ne serai pas aussi généreux ni tolérant pour celui-ci. 7,5 serait ma note, arrondie à 8 car je note plutôt large en général.J’ai quand même du mal à comprendre que certains le trouvent supérieur au 2.

Sorti à peine un an après RE2, il faut reconnaître qu’on aurait pu s’attendre à bien pire. Des nouveautés de gameplay bienvenues sont ainsi apparues (demi-tour rapide, esquive, kit munitions, environnement dynamique comme les barils d’essence), mais soyons clairs : cela fait plutôt office de gadgets et n’apporte pas grand-chose. Idem pour les « choix alternatifs », les décisions que l’on doit prendre super rapidement, souvent quand Némésis nous surprend. Le choix retenu n’aura quasiment jamais de réelle incidence sur la suite du jeu, immédiate ou plus lointaine, exception faite du dernier, où vous croisez Némésis sur le pont.

Les véritables nouveautés ne sont pas légion. On citera bien sûr Némésis, mais celui-ci est quand même totalement pompé sur Tyrant et Mister X. Alors oui, il nous court après pendant toute l’aventure, et oui il crée un vrai stress, une tension inconnue jusqu’alors dans un RE, mais ça fait un peu léger. La sensation de déjà vu est omniprésente dans cet opus, bien que les développeurs aient essayé d’apporter un peu de variété en faisant évoluer Jill un long moment en extérieur.

L’histoire est très peu prenante : s’enfuir de la ville tout en échappant à Némésis, bof bof. Bien que la sensation d’être pris au piège dans la ville est plus vivace et oppressante que dans le 2, on aurait aimé un peu plus de développement et de rebondissements. Même le final n’a rien du tout de haletant, on ne ressent pas cette tension qui monte graduellement, cette adrénaline, non que dalle ; paf, y a vite fait un boss et paf, un ultime round (on s’y attendait pas du tout) et paf, c’est fini. Super…

Mais mon principal grief concerne les personnages : ceux-ci sont complètement creux, inintéressants et clichés au possible.Le petit haut sans bretelles et la mini jupe de Jill ne suffisent pas à la rendre attachante. Ses répliques sont toutes d’une platitude confondante, et ce n’est pas sa seule réplique culte toute pourrie « You want STARS? I’ll give you STARS! » qui changera quelque chose… aucun charisme ni personnalité. Idem pour les personnages secondaires : les mercenaires sont super clichés eux aussi, Carlos est assez ridicule, quand il fait le beau gosse en rencontrant Jill, et ne sert pas à grand-chose. Enfin, toujours plus que Brad… Rien à voir avec la très sympathique Claire et sa queue de cheval toute mignonne qui flotte au vent quand on entre dans une pièce, Leon qui a beaucoup plus de personnalité et d’envergure que Carlos, plus tous les autres persos (Irons, Sherry, Ada, Ben, les époux Birkin). Non franchement, comment réussir à s’immerger dans un survival horror si on ne tient pas aux personnages ?

Du coup, il n’y avait pas matière à créer une aventure parallèle, et un seul scénario est jouable !! (contre 4 dans RE2…). Et en effet, le mode facile est enfantin tellement on a de munitions et d’armes disponibles, et le difficile bien plus dur. Grosse régression dans la saga donc. Le mode « The Mercenaries : Operation Mad Jackal », avec ses 3 persos jouables, est relativement intéressant, mais on ne va pas le faire 50 fois.

J’ajouterai que les monstres ne sont pas terribles non plus, sauf les zombies et les hunters (mais le ver, franchement…), les graphismes n’ont presque pas évolué, plusieurs musiques sont pompées des épisodes précédents, ainsi que les énigmes, dont un paquet m’a profondément soûlé. Bien que peu complexes en général, certaines d’entre elles sont assez lourdes à résoudre. Et bien sûr on ne s’attardera pas sur la cohérence de l’ensemble : batterie cachée dans une statue (mais bien sûr), sauter du tram à toute allure sans une égratignure, Jill qui est toujours dans son appart, alors que la ville est à feu et à sang depuis des dizaines d’heures, et qui choisit de mettre sa tenue la plus légère pour aller se battre (c’est pas comme si elle était soldat), et j’en oublie un paquet.

Pour conclure, je dirais que RE3 était dispensable. Il reste un survival horror tout à fait correct, mais en tant que 3e opus de la saga, il n’apporte pas assez et ressemble beaucoup trop à ses aînés, et ce sur tous les plans. Si on termine l’aventure principale, en gros, dans le même temps que précédemment, la durée de vie du jeu est beaucoup plus courte, puisqu’il n’y pas d’aventure annexe ! Et quand on connaît bien le jeu, celui-ci se termine en moins d’une heure trente…

Bon finalement, je n’ai plus envie de mettre 8.

PS : contrairement à « Biohazard 3 : The Last Escape », la version occidentale « Resident Evil 3 : Némésis » a été éditée par Eidos Interactive et non Capcom.

PS2 : je poste ce commentaire un 28 septembre, soit le jour où se déroule l’action de RE3. C’est peut-être un détail pour vous…