Kingdom Hearts est un jeu vidéo PlayStation 2 publié en 2002 .

  • 2002
  • Role Playing Game (RPG)

Test du jeu vidéo Kingdom Hearts

1.5/5 — Bof… par

Kingdom Hearts, c’est l’idée folle de Tesuya Nomura. Le papa des graphismes de nombre de productions Square post-Super NES décide en 2002 de mixer l’univers des Final Fantasy à celui de Disney. Un pari fou pour un jeu apprécié de tous… sauf de moi. Encore désolé.

LES VECES ETAIENT FERMES DE L’INTERIEUR

KH suit l’histoire d’un certain Sora qui, en compagnie de ses amis Riku (mais pas celle de FFX et X-2, en l’occurence ici c’est un garçon) et Kairi, vit sur une île paradisiaque.

Jusqu’au jour où une armada de créatures d’ombre envahissent l’île. Riku et Kairi disparaissent et Sora se voit proposer un choix, celui de devenir le porteur de la clé.

Je n’en dirai pas plus des fois qu’il y en auraient qui aient envie de découvrir le mirifique scénario débilisant et illogique de cette formidable production hollywoodienne.

MICKEY MANIA, DIX ANS APRES

De fil en aiguille vous rencontrez Dingo et Donald, respectivement chevalier et sorcier à la cour du roi Mickey disparu. C’est que ça doit pas fumer que de l’herbe à Nicot chez Square / Enix…

Vous allez ensuite devoir parcourir divers mondes inspirés des Grands Classiques de Disney, de Aladdin à Hercule en passant par Tarzan, Alice au Pays des Merveilles ou encore la Petite Sirène.

Dans la forme, KH est un Action-RPG où vous dirigez une équipe de trois persos, Sora plus deux au choix parmi Donald, Dingo ou le héros du monde que vous visitez (Ariel, Tarzan, Hercule, …). Enfin en vérité vous ne contrôlez que Sora, les deux autres sont gérés par l’I.A. (Imbécilité Artificielle).

Car en tant qu’A-RPG, KH ne vous laisse pas le temps de respirer. Les combats se font sur l’écran d’exploration et en temps réel jusqu’à éradication de la menace ou changement de zone (pour les zones où les ennemis ressuscitent, soit les trois quarts du jeu).

Pour vous battre vous utiliserez le bouton X, O pour sauter. Vous pouvez bouger la caméra avec L2 et R2, vous vous mettez en vue subjective avec Select et ciblez un adversaire avec R1. Une fois ciblé, vous pouvez dire à vos compagnons d’attaquer l’ennemi avec triangle. L1 sert à voir vos magies et carré à utiliser certaines capacités. Enfin Start appelle le menu hors combat.

En parlant de menu, celui situé en bas à gauche de l’écran d’exploration permet de changer de mode. Vous passez de l’un à l’autre avec la croix directionnelle. La première option vous permet d’attaquer, la deuxième de réaliser une magie, la troisième d’utiliser un objet et la dernière de réaliser certains actions selon le contexte. L’escargot à droite représente vos HP (verts) et MP (bleus), et au-dessus vous trouvez l’état de santé de vos alliés.

Détruire les ennemis vous rapportera des munnies (des sousous), de l’expérience et diverses boules colorées. Les vertes restaurent vos HP, les transparentes vos MP et celles en forme de coffres vous donnent un objet, plus ou moins rare selon la taille de la sphère. En cours d’exploration vous trouverez aussi des coffres contenant divers objets et des marques de plusieurs couleurs. Ces marques, appelées Trinity Marks, ne sont utilisables que si vous avez Dingo et Donald dans l’équipe. Vous réaliserez alors une action combinée qui aura divers effets.

Pour passer de niveau en niveau vous utiliserez le Gummy Ship. En effet, les niveaux sont des planètes et il vous faudra un vaisseau spatial pour les quitter. S’ensuit alors une phase légèrement typée shoot’m up où vous devez avancer tout en détruisant les vaisseaux ennemis. Cela vous rapporte à nouveau des espèces de sphères, les vertes renforçant votre bouclier, les bleues votre canon. Les cubes sont des blocs Gummy, que vous pourrez utiliser dans un menu dédié pour modifier votre vaisseau façon Pimp my Ship.

C’est l’une des quêtes secondaires aussi nombreuses qu’inintéressantes de ce jeu, avec celle des 101 dalmatiens à retrouver ou encore celle des boss cachés. A propos de boss caché, la seconde version japonaise, Kingdom Hearts Final Mix, vous propose d’affronter Sephiroth dans un duel titanesque totalement hors sujet. Cless me signifie qu’il est déjà présent dans la version d’origine. N’ayant plus l’occasion de vérifier je le crois sur parole

COEUR BRISE

C’est bien beau de cracher dans la soupe, encore faut-il l’assumer. Pas d’inquiétude mes amis, j’assume pleinement et vais vous expliquer pourquoi.

Tout d’abord les points forts : le jeu est somptueux et… c’est tout. Le visuel est de grande qualité, les animations sont incroyables, bref, ça déchire les yeux.

Au sens propre aussi d’ailleurs, puisque je n’ai jamais vu - à part Suikoden IV il est vrai - un jeu avec autant de scintillement et d’aliasing que celui-là. Crénelage + surbrillance = vite, un Efferalgan.

Bien, maintenant qu’on est dans le bain, barbotons gaiement. Mélanger l’univers culcul de Disney avec l’univers pseudo-dark-parce-que-ça-fait-hype des derniers Final Fantasy, fallait être couillu. Nomura l’a été et a donc dû rajeunir les persos en provenance de Square pour coller avec le reste. Au final, ça donne une ambiance néo-gothico mâtinée de barbapapa, et on s’attend à tout moment à voir surgir le chanteur de Tokio Hotel. Bref, Square / Enix a réussi le parfait RPG pour adolescents pré-pubères, mais les autres devraient avoir du mal à accrocher.

D’autant que le scénar’ est à peu de choses près portnawak. Entre le Mickey roi de l’univers et les révélations abracadabrantesques sur le Coeur du Monde, le « partage de coeur » et la fin dégoulinante de bons sentiments, on est vraiment pressé que ça s’arrête. Le pire épisode des Bisounours vaut mieux que cette torture teletubbisante.

Cela dit, le jeu aurait été une catastrophe, même avec un bon scénario. Parce que le gameplay est totalement dépourvu d’intérêt, lui aussi. D’abord, la maniabilité est loin d’être évidente et il faut un moment d’adaptation pour comprendre ce qu’il faut faire, ce qui en combat se révèle assez délicat, manque de temps oblige.

Ensuite, le gros problème de Kingdom Hearts est qu’il y a tromperie sur la marchandise. Non non non, KH n’est pas un A-RPG, c’est un vulgaire hack’n slash sans la classe de Diablo.

Ne cherchez pas à construire une stratégie intelligente, je rappelle que ce jeu est destiné aux ados boutonneux. KH se joue avec l’encéphalogramme plat du légionnaire en rut qui aperçoit un troupeau de chèvres. Il suffit de foncer dans le tas et d’appuyer suffisamment vite sur X, l’absence totale d’IA des ennemis comme des alliés faisant le reste.

A ce propos le combat contre Sephiroth est totalement hors contexte, tant il est technique et épuisant. Comprenez-moi : pendant une dizaine d’heures le joueur est dressé à bourriner sans réfléchir et d’un coup il se retrouve face à un combat où il faut étudier et réagir vite. Il est paniqué, et c’est normal : essayez d’apprendre à aboyer à un chat, vous verrez.

Hormis les boss annexes, KH n’est nullement difficile. Et pas très long non plus puisqu’une douzaine d’heures suffit pour le boucler. Reste une belle coquille vide dont on ne sait trop quoi faire et que l’on offrira gentiment à son petit frère parce que Sora sa Dchir !

Kingdom Hearts