Final Fantasy XII est un jeu vidéo PlayStation 2 publié en 2006 .

  • 2006
  • Role Playing Game (RPG)

Test du jeu vidéo Final Fantasy XII

1.5/5 — Bof… par

Décidément j’aime me faire du mal. Deuxième blockbuster de Square / Enix que je me permets de démonter. Non mais l’Antekrist a-t-il perdu la tête ?

Cet épisode a subi un accouchement dans la douleur, puisque deux équipes se sont succédées, celle de Matsuno et celle de Kitase. Il aura donc fallu attendre cinq ans pour voir apparaître ce titre, qui a reçu du célèbre Famitsu la note parfaite : 40/40. Et pourtant…

A LA GUERRE COMME A LA GUERRE

L’histoire de cet épisode se déroule sur Ivalice, une planète que l’on a déjà visité dans les deux épisodes Tactics et le fantastique Vagrant Story.

Le royaume d’Archadia décide de conquérir ses voisins proches et justement, le tout petit royaume de Damalsca et sa prochaine cible. Cible qui tombe bien vite.

Deux ans plus tard, un semblant de paix règne alors que l’envahisseur assure l’ordre dans le pays, et que la princesse héritière du trône, Ashe, a épousé le seigneur choisi par Archadia pour assurer la régence.

C’est dans cet imbroglio politique que prennent place les différents personnages : Ashe donc, mais aussi, entre autres, Vaan, jeune voleur dont le frère a été tué par Archadia, ou Balflear, pirate du ciel clone de Han Solo. Mais son Wookie à lui est une charmante Viera répondant au doux nom de Fran.

ADB, OU QUAND LES ACRONYMES SE LA PETENT

Le système de baston de cet épisode se nomme ADB. Non pas que j’aie fait une faute, l’ATB est remplacé par l’Active Dimension Battle, un nom pompeux signifiant que les combats se font désormais sans transition en fonçant sur les ennemis visibles à l’écran d’exploration.

Votre équipe de combat est composée de trois persos, plus parfois un invité que vous ne pouvez pas contrôler (mais l’I.A. n’est pas trop mauvaise sur ce coup). Vous pouvez à tout moment changer les combattants par ceux de réserve. Lors de la baston vous pouvez déplacer vos persos tout autour de l’ennemi, comme un action RPG.

Cette dimension A-RPG ou MMO se traduit par des combats certes dynamiques mais où il faut réagir vite. Aussi, si comme moi vous êtes un mou du pad vous préférerez sans doute un truc un peu plus relaxe. Choisissez alors le mode semi-auto, où le temps s’arrête quand vous ouvrez les menus.

Vous allez me dire que ça doit être un joyeux bordel de contrôler trois persos en temps réel. Rassurez-vous il n’en est rien. En fait vous ne contrôlez que le leader d’équipe, les deux autres étant gérés par l’I.A. Cela dit vous pouvez tout de même leur donner des indications, genre « attaquer uniquement à l’arme blanche » ou « soigner celui qui va pas tarder à crever ». On appelle ça des gambits et c’est bien pratique tellement l’I.A. de votre équipe est basse.

Voilà grosso merdo pour le système de combat, le reste est plus classique puisque, même si c’est en temps réel vous devrez toujours choisir votre action dans un menu, pour attaquer, défendre, utiliser un sort ou un objet, etc.

GENNDARMERIE NATIONALEUH CONG. PRESENNTEZ VOTREUH PERMIS

L’évolution dans cet épisode repose en grande partie sur le permis. Cet espèce de damier ressemble dans sa manière d’opérer au sphèrier de FFX.

Vous avancez sur ce damier en achetant les cases. Vous achetez votre licence si vous voulez. La bonne blague c’est que les cases n’augmentent pas que les statistiques (HP, force, agilité, etc.). Elles ne se contentent pas non plus de vous apprendre vos sorts (magie de soin, offensive, invocation, etc.). Non, car dans ce jeu elles valident aussi votre aptitude à porter une arme ou une armure. Ca veut dire que si vous voulez équiper une armure à un perso il faut payer l’équipement ET la licence ! Et ce n’est pas fini, car si vous vous arrêtez là vous ne pourrez pas équiper l’armure ! En effet il faut ensuite activer la carte au moyen des PP que vous gagnez en mission (une case activée découvre les autres, c’est comme ça que vous progressez sur le damier).

Pour une invocation c’est même encore plus compliqué puisqu’il faut d’abord combattre et vaincre l’Aeon, puis aller jusqu’à sa case, l’acheter et l’activer. Pour un résultat ridicule en plus.

Voilà pour la deuxième grande innovation de ce jeu. Rien d’autre de spécial à signaler, hormis une profusion de quêtes secondaires souvent dispensables, et d’autres qui font partie de la quête principale, comme la chasse aux monstres. En effet, si elle est officiellement considérée comme une side quest, vous vous rendrez vite compte que vous ne pouvez y échapper.

LE PREMIER MMORPG A JOUER SEUL…

Autant le reconnaître tout de suite, mon avis sera plein de mauvaise foi. Vous voilà prévenus. Alors dans votre manque de foi vous achèterez le jeu, vous jouerez… et vous verrez kiki n’avait raison.

D’abord il faut bien le reconnaître, le scénar’ est franchement bidon. Pas juste ésotérique et pseudo-réflexionneux sur le pourquoi du comment de la métaphysique de mon cul comme c’est le cas depuis le septième épisode. Non, là Square se mêle de géopolitique, et il faut bien dire que face à Suikoden pour ne citer que lui, il fait franchement pâle figure. C’est bourré de raisonnements primaires et complètement illogiques.

Visuellement c’est époustouflant. Les (très nombreuses) cinématiques sont incroyables, les graphismes in-game, qui font beaucoup penser à ceux de FFX mais tout en 3D, sont de très grande qualité et l’ambiance à la Star Wars - Phantom Menace est plaisante.

Néanmoins deux points restent gênants : tout d’abord cette repompe de George Lucas justement. Autant la Guerre des Etoiles a toujours été une source d’inspiration pour Sakaguchi, à qui il rendait hommage dans chacun de ses jeux par des clins d’oeil plus ou moins appuyés, autant là c’est carrément du plagiat. Je serais Lucas je leur collerai un procès au cul.

Et deuxièmement le chara-design en général et celui des ennemis en particulier est ridicule. J’en veux pour preuve l’espèce de tomate, premier ennemi du jeu. Alors oui, ça change du traditionnel Gobelin, mais là on se croirait plus dans un Earthbound voire, j’ose, dans un pokémon, que dans un FF. Pas mieux pour les persos : Vaan ressemble à la version j’aime-les-hommes-qui-aiment-les-hommes d’Aladdin et si Fran est franchement bonne (désolé, j’aurais aimé la jouer plus poétique mais mes hormones prennent le dessus), les oreilles de lapin gâchent la fête. Les Aeons sont logés à la même enseigne. Alors ça change de Shiva et Ramuh, mais ça ressemble plus à rien.

Les animations sont par contre excellentes, et il est plaisant de visiter des villes immenses où chacun vaque à ses occupations sans attendre bêtement que vous veniez lui parler. D’autant que même au sein d’une même race (Vieras, Bangaas, Moogles, etc.) les persos sont très différents les uns des autres. Bref, ça fait vivant et ça fait plaisir.

Pour en finir avec l’aspect technique, la partie musicale est peu inspirée. Par contre le doublage anglais est pour une fois pas trop mauvais.

Bon OK, c’est un bon film, mais est-ce un bon jeu ? Eh bien… Non.

Le côté « réaliste » du permis est totalement éclipsé par le fait qu’il est injouable. Bon j’exagère un peu mais disons qu’à la manière de Georges (le yéti, pas le président américain), il n’est pas pratique. Déjà le sphèrier du X était casse-burnes, mais le principe de cette déclinaison est encore plus débile.

Ensuite, le côté action directe des combats, façon MMO, est surtout valable… dans les MMO justement, où tous les persos sont joués par des êtres vivants et donc pensants, même si vous êtes entourés d’une bande de Kévins. Là, le niveau dramatique de l’I.A. vous fera regretter les « Résu-moi steuplé » de superséfirott6437.

Vous vous dites donc que le jeu doit être balèze. Eh bien même pas en fait. Vous aurez du mal avec les combats au début, puis vous finirez par vous y plaire (ou pas). L’ennui arrive avec les boss qui durent une demi-heure. Oui, il y en a des tas. Horreur ! me direz-vous. Même pas.

Non, car là entre en scène la pire catastrophe de toute l’histoire du RPG : les gambits. Oui, vos alliés sont des abrutis, mais avec certains gambits votre équipe s’auto-gère TOTALEMENT.

Ce n’est pas une blague. Contre l’un des boss les plus récalcitrants du jeu j’ai indiqué à mon équipe les gambits qu’elle devait réaliser. J’ai posé la manette, j’ai quitté l’écran, j’ai même quitté l’appart. Je suis revenu pour voir la fin du combat, et « ma » victoire, du moins celle des gambits. Voilà donc le premier jeu où vous n’avez même pas besoin d’être spectateur !!!

A partir de là le jeu perd tout intérêt. Il dure longtemps, la quête principale est conséquente, les sous-quêtes nombreuses, le jeu est moins dirigiste que les précédents et je me suis souvent perdu. Bref, vous allez y passer du temps. Mais il est fort peu probable que vous y preniez du plaisir.

A vrai dire j’ai mis du temps à me décider à faire ce test. Je suis fan quasi inconditionnel de la saga et même le pire des épisodes, j’essaie de lui trouver des qualités. Aussi ça me faisait mal de critiquer aussi durement ce jeu, et puis je me suis souvenu du dicton : qui aime bien châtie bien. Je concluerai par une analogie douteuse : FFXII c’est comme la sculpturale blonde que vous avez croisé hier. Sur le coup de vos fantasmes vous l’avez ramenée chez vous. Finalement ce matin vous vous réveillez et, quand vous repensez à la nuit qui vient de passer, vous vous dites que finalement ça aurait peut-être été plus amusant avec la petite grosse d’à côté. Merde, ma vie n’est qu’une suite de désillusions…

Final Fantasy XII