Zak McKraken and the Alien Mindbinders est un jeu vidéo PC publié par Lucasfilm / LucasArtsen 1988 .

  • 1988
  • Aventure

Test du jeu vidéo Zak McKraken and the Alien Mindbinders

3.5/5 — Très bien par

Si Ron Gilbert est devenu une légende vivante pour tout fan de LucasFilm Games qui se respecte (et qui ne l’est pas ?), son condisciple David Fox est moins connu. Pourtant, c’est principalement à lui que l’on doit Indiana Jones and the Last Crusade : The Graphic Adventure (en collaboration avec le non moins mythique Noah Falstein), ainsi que ce Zak McKraken and the Alien Mindbinders, deuxième jeu d’aventure de la firme à utiliser le fameux moteur SCUMM.

CHÉRIE, J’AI RÉTRÉCI LES CERVEAUX

Nous sommes en 1997. Francis Zachary McKracken est reporter au National Inquisitor, un journal à scandales de San Francisco. Mais parce que son patron refuse de croire en son histoire d’extraterrestres qui cherchent à conquérir la Terre, il va devoir trouver de l’aide pour bouter les Caponians - des visiteurs de l’espace armés d’une machine à réduire l’intelligence - hors de sa planète. Il trouvera peut-être du secours auprès d’Annie Larris, une scientifique adepte de la théorie du complot, et de deux étudiants de Yale partis sur Mars en bus volant (!), Melissa China et Leslie Bennett.

UN MARS ET ÇA REPART

Zak McKraken and the Alien Mindbinders est un point ‘n click, tout comme le légendaire Maniac Mansion qui l’a précédé. À vrai dire, il s’agit du même jeu dans un contexte différent : ici on ne visite pas une maison de film d’épouvante, mais on voyage à travers le monde (États-Unis, Zaïre, Pérou, Népal, Angleterre, Égypte…) et sur Mars. En dehors de cela, tout est identique entre les deux premiers jeux d’aventure de LucasFilm Games.

Le concept, tout d’abord, est bien entendu le même : vous vous déplacez d’écran fixe en écran fixe, récupérant ça et là des objets qui vous seront utiles un peu plus loin, résolvant nombre d’énigmes plus ou moins farfelues, et dialoguant le cas échéant avec les quelques PNJ qui peuplent le jeu. Tout ceci s’effectue uniquement au moyen de la souris, grâce à une interface des plus intuitives.

L’écran d’exploration s’étale sur les deux tiers hauts de l’écran, tandis que le dernier tiers est occupé par un bandeau noir sur lequel sont inscrits divers mots : si vous cliquez sur un mot, votre personnage réalisera l’action indiquée. Vous pouvez ainsi pousser, tirer, donner, ouvrir, fermer, lire, marcher, ramasser, examiner, enfiler (un vêtement hein, rien de sexuel) ou retirer (toujours le vêtement), utiliser, allumer ou éteindre. Dans le magasin, deux choix supplémentaires apparaîtront : acheter et vendre.

C’est également dans ce bandeau qu’apparaîtront, en dessous des verbes, les objets que vous aurez ramassés. Pour les utiliser, il faudra cliquer sur UTILISER, puis sur l’objet, et enfin sur l’endroit du décor où vous comptez vous en servir.

Enfin, une dernière option apparaîtra dans le bandeau au moment où vous rencontrerez Annie : la possibilité de switcher vers un autre personnage. En effet, vous pourrez prendre le contrôle à loisir de n’importe lequel des quatre héros. Et cela sera une étape obligatoire dans votre parcours, puisque vous devrez souvent déverrouiller une porte ou trouver un code avec l’un pour que l’autre puisse progresser. Chacun des quatre possède son propre inventaire, et vous devrez parfois échanger les objets entre vos différents personnages (en passant par l’option DONNER) dans l’éventualité où ils se retrouveraient séparés, ce qui ne tardera pas, croyez-moi. Notez que vous pourrez même, à certains moments, contrôler des animaux (dauphin, aigle…) qui peuvent se rendre dans des endroits autrement inaccessibles.

QUAND LUCAS DIT, LUCAS FAIT (double Carambar-style combo)

Personnellement, j’ai été un peu déçu par ce Zak McKraken and the Alien Mindbinders. Je m’attendais à quelque chose d’encore plus délirant que Maniac Mansion, et en fait il est moins drôle que son aîné. N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas encore écrit : le jeu ne manque pas d’humour, il se permet même des références au titre de Gilbert (une histoire de tronçonneuse, vous comprendrez), mais l’ensemble est moins foufou, moins parodique aussi, et donc un peu moins séduisant.

Et puis manque de bol, je suis tombé sur la version moche. LucasFilm Games a sorti deux versions PC en 1988, une version « haute résolution » pour les cartes les plus évoluées de l’époque, et une version où les pixels débordent de partout et où les couleurs saturent à bloc. Voilà, oui, moi j’ai la deuxième. C’est presque plus laid (en tout cas ça l’est autant) que Maniac Mansion ; les animations sont affreusement rigides, bien entendu, et la partie sonore est toujours aussi imbuvable.

Bon, ceci étant dit, l’âge vénérable - pour ne pas dire canonique - du jeu peut être reconnu comme une circonstance atténuante. Et puis ce n’est pas non plus comme si le soft était inintéressant. Son système de jeu rodé (déjà, après seulement deux jeux !), la simplicité de la prise en main et l’originalité de certaines énigmes en font une valeur sûre. En outre, la logique qui sous-tend la résolution de ces énigmes est relativement cohérente comparée à celle d’autres productions Lucas. Le jeu est de fait assez facile, même si la gestion de quatre personnages à la fois peut paraître un tantinet complexe de prime abord. La durée de vie est quant à elle standard pour un jeu LucasArts : une poignée d’heures suffit pour tout boucler.

Bon, pas le meilleur, pas le plus mauvais. Le gros défaut de Zak McKraken and the Alien Mindbinders, c’est d’être coincé entre un Maniac Mansion révolutionnaire et un Secret of Monkey Island légendaire. Finalement, ce n’est peut-être pas si étonnant que cela que Fox n’ait pas connu la renommée comme Ron Gilbert : son confrère l’a éclipsé en deux jeux !

Zak McKraken and the Alien Mindbinders