Halo : Combat Evolved est un jeu vidéo PC publié par Bungieen 2004 .

  • 2004
  • First Person Shooter (FPS)

Test du jeu vidéo Halo : Combat Evolved

4/5 — Exceptionnel ! par

Fer de lance de la Xbox lors de son lancement, en 2001 aux États-Unis et 2002 chez nous, Halo reste considéré comme l’un des meilleurs jeux de la console. Il a rencontré un succès tel que Bungie (son développeur) a décidé d’adapter la légende sur PC, adaptation sortie en 2004. C’est cette version qui va nous intéresser.

À l’origine

Avant tout, il est primordial de recadrer l’histoire du jeu. Dans un futur lointain, l’Homme aura réalisé son vieux rêve de conquérir l’espace et aura établi plusieurs colonies dans différents systèmes solaires. Toutefois, à force de s’étendre, l’Homme a fini par établir un contact avec une alliance théocratique extraterrestre se faisant appeler les Covenants. Ces derniers estimant que les Humains constituaient une hérésie envers leurs dieux (comme par hasard), ils se mirent en tête de mener une croisade visant à anéantir l’espèce humaine. Durant les années qui suivirent, les Humains se firent proprement ridiculiser par les Covenants. Appliquant l’adage «aux grands maux les grands remèdes», les Humains entreprirent de former, sur la colonie Reach, un escadron de super soldats baptisés «Spartans», capable de mettre à mal les Covenants. Pas de bol, ces derniers découvrent la colonie et massacrent tout l’escadron des Spartans, sauf un qui a pu s’enfuir à bord d’un vaisseau. Néanmoins, rattrapé par les Covenants, le dernier des Spartans n’a d’autre choix que de quitter en urgence son vaisseau, pour venir s’écraser sur une sorte de base en forme d’anneau perdue dans l’espace, abritant tout un écosystème…

Halloween

Après ce petit résumé, nous pouvons nous attaquer à ce qui est susceptible d’intéresser le plus grand monde, à savoir le gameplay. Halo est donc un FPS des plus classique. Pour les incultes du monde vidéoludique, un FPS («First Person Shooter», soit « jeu de tir à la première personne » en français) a pour particularité que le joueur y évolue en voyant à travers les yeux du personnage incarné ; le but consistant dans 99% des cas à tirer sur tout ce qui est hostile avec une arme à feu.

Ici le joueur incarnera le Masterchief (nom donné au dernier des Spartans), devant survivre sur Halo (l’espèce d’anneau décrite dans le résumé) infesté de Covenants. Pour ce faire, il dispose d’une armure dernier cri (il n’est pas super soldat pour rien) dotée d’un bouclier intégré. Il faudra ainsi garder l’œil sur deux jauges : une de bouclier, qui se recharge d’elle-même si on ne se fait pas toucher durant un certains laps de temps, et une de vie, qui descend uniquement lorsque celle de bouclier est vide. Vous ne pouvez regagner votre vie qu’en trouvant des kits de soin (parfois bien cachés). Avec ça on pourrait avoir l’impression qu’on est tout-puissant, mais il n’en est rien ; les Covenants sont plus nombreux, mieux organisés et mieux équipés que vous, certains de leurs tirs pouvant vider en un coup votre jauge de bouclier.

En ce qui concerne l’arsenal du jeu, il se divise en deux catégories : les armes humaines et les armes covenants. Du côté de l’armement humain, pas de surprises : on retrouve ainsi un fusil-mitrailleur, un pistolet (doté d’un viseur avec une fonction de zoom), un fusil de sniper (équipé tout naturellement d’une lunette proposant, elle, deux niveaux de zoom), un lance-roquettes, un fusil à pompe et des grenades à fragmentation.

Du côté des Covenants, c’est déjà plus exotique : nous avons donc une sorte de pistolet laser pouvant charger ses tirs, un peu à la façon de Megaman, pour envoyer une puissante boule d’énergie (se déplaçant plus lentement en contrepartie), une espèce de fusil laser pouvant tirer en rafale mais qui surchauffe si on appuie trop longtemps sur la détente, et aussi une arme étrange baptisée «needler» qui envoie des projectiles explosifs à tête chercheuse. Pour finir ce petit tour de l’arsenal on notera, toujours du côté des Covenants, les grenades plasma, possédant l’amusante particularité de se coller à celui sur qui elles atterrissent. Bien que les armes covenants aient une meilleure puissance de feu, elles présentent le défaut de ne pouvoir être rechargées.

Certains remarqueront que, comparé à d’autres FPS, l’arsenal de Halo semble bien maigre. Mais les développeurs ont fait en sorte de pallier à ce petit problème : le Masterchief ne peut en effet avoir sur lui que deux armes et quatre grenades de chaque type à la fois. Eh oui, l’armure n’inclut pas de poches extensibles. Dès que vous trouvez une arme à terre, vous pouvez donc l’échanger avec celle que vous avez en main. Mine de rien cela implique de petits choix tactiques : jetez votre dévolu sur une arme mal adaptée à la situation et vous vous handicaperez tout seul.

En plus de tirer à tout-va avec les joujoux décrits plus haut, vous pourrez piloter quelques véhicules. Toutefois, le système de conduite est assez déroutant au début : le véhicule se dirige avec la caméra. En somme, tournez votre regard à droite et le véhicule se dirigera vers la droite, regardez le paysage à gauche et il ira à gauche, et ainsi de suite. Malgré tout on s’y habitue assez vite, et c’est presque instinctivement qu’on opère des demi-tours d’un mouvement de la caméra. Il y a en tout et pour tout quatre véhicule que vous pourrez piloter :

  • Le warthog : C’est en fait une jeep tout-terrain pouvant accueillir jusqu’à trois personnes, et équipée d’une Gatling très efficace contre l’infanterie et d’autres cibles aériennes.

  • Le tank : Pas besoin de vous faire un dessin pour ce véhicule. Son arme principale est un canon que l’on oriente avec la caméra ; ça fait bien le ménage mais ça prend du temps à recharger. À noter : la mitraillette en tir secondaire.

  • Le ghost : Véhicule covenant, sorte de petit aéroglisseur rapide mais fragile. Son arme consiste en deux petits canons-laser tirant en rafale droit devant, efficaces seulement contre l’infanterie.

  • La banshee : Véhicule aérien covenant, très utile pour rejoindre rapidement des positions élevées. À l’instar du ghost elle possède un canon laser pouvant tirer en rafale, plus un tir secondaire envoyant une boule d’énergie concentrée pouvant faire pas mal de dégâts.

En parallèle à la campagne solo, le jeu contient un mode multijoueur proposant de jouer via un lan ou en ligne. Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris de voir que, même six ans après sa sortie, Halo conserve une bonne liste de serveurs toujours remplis de joueurs ; on n’est donc jamais inquiété de ne pas trouver des adversaires en ligne. En ce qui concerne les modes de jeu, on ne retrouve par contre que du classique : Deathmatch chacun pour sa peau ou en équipe, Capture du drapeau, Roi de la colline… Modes de jeu que l’on retrouve dans le premier FPS multijoueur venu. Du côté du contenu, Halo propose une dizaine de cartes variées dans leurs formes, chacune proposant une spécificité faisant toute sa différence par rapport aux autres. (Mais si vous réussissez à parcourir à pied et de bout en bout la carte « Infini » en moins de cinq minutes, je veux bien jouer cinq heures d’affilée à Street Fighter : The Movie !) En plus de ces cartes, les développeurs ont prévu pour ce mode multijoueur deux armes et un véhicule n’apparaissant pas dans la campagne : il s’agit d’un lance-flammes, d’un lance-grenades version covenant et d’un warthog disposant d’un lance-roquettes en lieu et place de la Gatling.

À l’hôpital

L’une des raisons du succès de Halo à sa sortie, c’est aussi son intelligence artificielle capable de prendre de bonnes initiatives. À la différence d’autres FPS de l’époque, les Covenants sont loin d’être des idiots se ruant sur le joueur. Ils savent ainsi se mettre à couvert quand ils essuient un tir nourri de votre part, ils battent en retraite pour revenir avec des renforts, ils profitent de leur avantage numérique pour vous prendre à revers ; certains ennemis vont même jusqu’à faire le mort pour mieux vous surprendre par-derrière.

Toutefois, l’IA est loin d’être parfaite. Il faut savoir que l’alliance covenant regroupe plusieurs races d’extraterrestres, chacune ayant ses propres caractéristiques. Seulement, il suffit de connaître le comportement et la stratégie d’un seul individu pour connaître ceux de tous les représentants de sa race. À force, il devient trop facile d’anticiper les mouvements des ennemis.

De plus, même si de gros efforts ont été consentis pour l’IA des Covenants, je ne peux pas en dire autant de celle des marines rescapés qui vous épaulent durant certaines phases. Bien qu’ils soient résistants et précis, ils sont atteints du syndrome « je fonce tête baissée sans faire gaffe aux ennemis qui m’alignent sur les côtés », et ne bougent parfois pas d’un iota lorsqu’une grenade dégoupillée atterrit juste à leurs pieds (quoi que ça vaille aussi pour certains Covenants). J’ai même eu la désagréable impression que certains s’amusaient à surgir dans ma ligne de mire alors que je tirais sur un Covenant ; quand on sait qu’on peut blesser ses alliés, il y a de quoi s’énerver. À cause d’eux, il m’arrive même de regretter que le mode deux joueurs de la campagne présent dans la version Xbox ne soit pas inclus dans la version PC, pour avoir un allié sur qui je puisse compter. Reste un détail amusant avec les marines : ils n’hésiteront pas à se retourner contre vous si vous vous amusez à leur tirer dessus à tout-va.

Malheureusement, il n’y a pas que l’IA qui fâche dans Halo, il y a aussi le level design très peu inspiré. Bien que les premiers niveaux soient réussis, proposant même pour certains un petit côté exploration au volant d’un warthog, certains des suivants vont mettre votre patience à rude épreuve. En effet, il ne sera question dans ces fameux niveaux que de successions de salles identiques en tous points, avec seulement les ennemis qui changent ; la palme revenant au niveau de la bibliothèque, uniquement composé d’une succession de grands couloirs se ressemblant tous, et d’une longueur pouvant rivaliser sans problème avec celle du dernier niveau de Metal Slug 3, sans parler des vagues d’ennemis à n’en plus finir. Mais le manque d’inspiration des level designers se fait véritablement ressentir quand vous repassez dans des endroits que vous aviez déjà visités quelques niveaux plus tôt. Un peu de diversité aurait été franchement bienvenue de ce côté.

Pour terminer ce chapitre des regrets, je citerai le déséquilibre dans les armes, de plus en plus flagrant à mesure qu’on joue. Par exemple, le fusil d’assaut est bien trop imprécis à longue distance pour être efficace, nécessite de vider un chargeur entier pour se débarrasser d’un seul ennemi à moyenne distance, et requiert encore un demi-chargeur à bout portant en moyenne ; tandis qu’un seul tir de fusil de sniper bien placé permet de venir à bout de la plupart des ennemis, que ce soit à 500 mètres ou à bout portant.

Néanmoins tout n’est pas à jeter. Certains passages sont vraiment sympathiques à faire, notamment la scène finale, digne des plus grands films d’action.

Techniquement parlant

Graphismes : L’un des points faibles du jeu ; déjà qu’ils étaient considérés comme pas terribles à la sortie du jeu en 2004, aujourd’hui ça ne s’est pas amélioré. Les textures sont horribles vues de près, les décors sont parfois trop polygonaux pour donner une impression de naturel, et l’animation n’est pas au top non plus, les personnages étant aussi souples que des playmobils dans les cinématiques.

Maniabilité : La grande majorité des FPS sur PC utilisent la souris pour orienter le regard du personnage où on le souhaite et tirer, le clavier servant à se déplacer et effectuer d’autres actions diverses ; simple mais efficace. Halo ne fait pas exception à la règle. À noter que quasiment toutes les actions sont paramétrables dans les options.

Durée de vie : Selon le mode de difficulté choisi, il faudra entre dix et vingt heures environ à un joueur moyen pour boucler la campagne solo. Ensuite il n’est pas impossible de passer des nuits blanches sur le mode multijoueur…

Bande-son : Plutôt réussie dans l’ensemble ; bien que certaines musiques tournent rapidement en boucle, la plupart des thèmes sont dynamiques et immergent bien le joueur dans le feu de l’action. Les doublages sont corrects, quoique manquant de conviction à certains moments, mais ça reste rare.

Scénario : C’est loin d’atteindre le niveau d’un Final Fantasy VII, mais cela réserve quelques surprises à quelqu’un qui ne connaît pas le fin mot de l’histoire.

En conclusion, bien que Halo ait un peu perdu de sa superbe avec son passage sur PC, il reste quand même un bon FPS, ayant apporté des idées novatrices en son temps. Même si la campagne solo est alourdie par des passages répétitifs et lassants, on ne peut s’empêcher d’y revenir trucider du Covenant. À défaut d’un mode solo mémorable, il reste quand même un mode multijoueur en ligne bien sympathique et encore actif.

Note : 16/20

Halo : Combat Evolved