Shadowman est un jeu vidéo Nintendo 64 publié par Acclaimen 1999 .

  • 1999
  • Action

Test du jeu vidéo Shadowman

4.5/5 — Exceptionnel ! par

Shadowman est un jeu d’action/aventure à la 3e personne (comme Tomb Raider), sorti sur à peu près tous les supports de l’époque. Je teste ici la Version N64.

Avant tout, Shadowman est une bande dessinée (que je ne connais pas).

Ni vivant, ni mort

Vous incarnez Mike Leroy, au départ étudiant sans histoire. Ce salopard, un sale type prêt à tout pour l’argent, se fout un gang à dos et a recours à la magie noire pour s’en sortir. Hélas, une prêtresse vaudou vous jette un sort et vous transforme en Shadowman.

Mais le Shadowman, qu’est-ce que c’est ?

Cela nous est grosso modo dévoilé lors de l’excellente intro, où un vieux black avec un accent de la cambrousse nous dit texto : « La légende raconte qu’un homme, le Shadow Man, erre entre nos deux mondes. D’un côté, le monde des vivants et de l’autre, le monde des morts. Floue est la limite entre les deux pour lui car il est incapable de mourir et incapable de vivre. Son âme est noire. Mais plus noire encore est celle de ceux qu’il combat. »

En résumé, vous êtes devenu le gardien du monde des morts. Un protecteur n’appartenant ni au monde des vivants, ni au monde des morts, chargé de faire régner l’ordre dans l’au-delà et de s’arranger pour que les deux mondes n’interfèrent pas entre eux.

Hélas, l’ordre établi est en passe d’être bouleversé. Legion himself (Satan, le Diable) veut mettre le bordel. L’histoire commence vraiment dans le monde des morts quand une bande de serial killers (commandée par ledit Legion) décide de construire une gigantesque cathédrale vouée au mal. Celle-ci, très efficace, devient le point de rassemblement du mal dans l’autre monde, et son influence maléfique vient même menacer le monde des vivants.

Shadowman et sa copine la sorcière vaudou décident ensemble d’y mettre un terme, en récupérant les Âmes Noires des concepteurs initiaux de la cathédrale, qui sont de bons gros serial killers (on suspecte même l’un d’eux d’être Jack l’éventreur). Pour cela, vous devrez constamment voyager entre les mondes des morts et des vivants, selon la volonté de Nettie (notre copine la prêtresse vaudou).

Un grand jeu !

Shadowman, dans la forme, se présente vaguement comme un Tomb Raider. C’est-à-dire que vous dirigez Mike Leroy vu de dos. Votre palette de mouvements est très variée. Mike avance, court, saute, grimpe, nage et peut se déplacer latéralement. Il verrouille automatiquement sa cible sur l’adversaire en face de lui (exactement comme un Tomb Raider), ne vous laissant plus qu’à vider votre chargeur. Il pourra utiliser plusieurs objets à la fois, selon nos préférences.

Le mal élargissant son emprise, vous vous doutez bien que de nombreux obstacles parsèmeront votre route. On trouve de tout : monstres hideux, tueurs en série (coucou Jack the Ripper), humains belliqueux ou animaux féroces.

Pour se frayer un chemin à travers tout ça, Mike pourra se servir de son Desert Eagle, classique mais efficace, et également d’armes plus… folkloriques, bien que monstrueusement efficaces, parfois, telles que le poétique Violator ou le redoutable Flamebeau.

Le principe du jeu consiste à parcourir de gigantesques niveaux à la recherche des Âmes Noires des gros môchants, en trucidant gaiement tout ce qui s’opposera à nous. À noter que le Shadowman accroîtra son pouvoir (vitesse, résistance, force) en dévorant les âmes des gros môchants. Il pourra ainsi, tel un perso de RPG, accroître son niveau. Le maximum est le niveau 10, indispensable pour venir à bout du jeu.

Un univers extraordinaire

Comme je l’ai dit plus haut, on voyage du monde des vivants au monde des morts, à volonté. Cela nous offre une immense variété de niveaux, tous aussi gigantesques les uns que les autres.

Dans le monde des vivants vous explorerez entre autres un ghetto new-yorkais, des souterrains londoniens, un village perdu en Afrique et une prison texane. Le monde des morts (soyons clair : il ne s’agit ni plus ni moins que de l’Enfer) présente des lieux bien entendu imaginaires, extrêmement sombres et flippants. Assez vide dans l’ensemble, l’asile lui, est vraiment… angoissant au possible. Sorte de capitale malsaine du royaume des morts, ce niveau est grandiose, flippant, ÉNORME !

Les niveaux, en plus d’être gigantesques, ne sont absolument pas linéaires. On choisit vraiment où s’orienter, même si la fin de chaque niveau reste la même (affrontement contre un fameux serial killer de l’histoire ; on lui chourave son âme et on passe au niveau suivant). Les monstres, à l’instar d’un Far Cry, surgissent souvent par surprise et d’endroits inattendus. On se prend à sursauter violemment quand une grosse saloperie tombe du plafond en hurlant 3 mètres devant nous.

Ce qui est génial dans Shadowman, c’est l’ambiance. Tout baigne dans un univers mystique vaudou unique, quasiment indescriptible, mais ô combien immersif. Les lumières sont chaudes et étouffantes, et pourtant le jeu peut être sombre, inquiétant et glauque.

Mike Leroy, votre personnage, contribue à cela par son aspect grand, noir et maigre. Et aussi par le fait que ce soit un salaud : il est arrogant, balèze, misanthrope ; il n’hésite pas à achever un chien d’un coup de pied en pleine tronche, et quand il aspire une âme, on sent que ça fait mal.

Oui, ce jeu est gore, flippant, adulte quoi. Chose rare sur N64. La cathédrale transpire vraiment le mal, beaucoup de passages (comme la fabuleuse rivière de sang) sont inoubliables. Des premiers pas de Marrow Gates jusqu’au combat final avec Legion, on est immergé totalement dans un univers noir, sombre, monstrueux.

De plus, la bande-son est extraordinaire pour de la N64, tellement qu’on croirait le jeu vivant. Du chant des insectes au souffle du vent, en passant par les bruits de pas de Mike ou l’écoulement de l’eau. Ou encore les cris des monstres… Tout est fabuleux et contribue à cette ambiance unique. De ce point de vue, la version PC était une réussite franche, et la N64, contre toute attente, ne déçoit en rien en comparaison. Seules les voix digitalisées sont de moins bonne qualité, mais bon, c’est déjà si bon d’avoir de vraies voix sur N64.

En plus c’est beau !

Si le jeu est une franche réussite sur le fond, analysons maintenant la forme et la technique.

La version PC était une merveille à l’époque. La version N64 fait bien entendu un peu moins bien, mais s’en tire quand même admirablement au vu de ses capacités.

Le jeu est donc magnifique. Plus beau qu’un Turok 2 ou qu’un Perfect Dark pour moi. Les décors sont splendides, les niveaux fourmillent de détails, tout bouge (le vent, le ciel). Ce jeu donne une impression de vie énorme.

Il paraîtrait que sans ram pack, le jeu soit déjà plus banal graphiquement. Je répondrai comme pour Duke Nukem Zero Hour : moi j’ai le ram pack, et ce jeu est une bombe, graphiquement.

Concernant la jouabilité… petit bémol. Avis purement subjectif, j’en ai conscience. Le personnage réagit très bien, chaque bouton est à sa place, on fait ce que l’on veut comme on veut… Disons que je n’aime pas les vues à la 3e personne, toujours un peu chiant pour les sauts ou les coups de feu. Shadowman donne parfois une petite impression de légèreté curieuse, la caméra a un tout petit peu de retard de temps en temps… des broutilles qui n’entament en rien le plaisir de jeu.

J’ai déjà parlé de la bande-son, si propice à créer l’ambiance glauque unique de Shadowman. Je n’y reviendrai pas, à part pour ressortir quelques adjectifs dans le genre de : excellente, grandiose, magnifique…

Une aventure longue et difficile

Alors, le jeu étant réussi dans la forme ET le fond, qu’en est-il de la durée de vie du titre ?

Bah, elle est excellente. Le jeu n’est pas redoutablement difficile, mais assez pour vous crisper sur votre siège. Les niveaux sont immenses, non linéaires, le jeu est intéressant… Bref, du tout bon là encore. COmptez une petite trentaine d’heures pour en voir le bout la première fois.

En bref :

Réalisation : 9,5/10

L’un des plus beaux jeux de la console.

Bande-son : 9,5/10

Vous ne trouverez pas mieux sur N64.

Jouabilité : 8/10

R.A.S. Un petit temps d’adaptation pour bien avoir Mike Leroy en main.

Durée de vie : 9/10

Long, intéressant, assez difficile… que demande le peuple ?

Verdict : 18,5/20

Un jeu au charisme fou et à la réalisation exemplaire. Un des seuls jeux vraiment glauques de la N64, si ce n’est le seul. Shadowman vous fera frissonner de plaisir et de peur. Un des meilleurs jeux de la console, passé injustement inaperçu. Il m’a plus marqué que le premier Resident Evil, et en les remettant dans leur contexte et époque respectifs, je trouve Shadowman bien supérieur.

Un des meilleurs jeux de la Nintendo 64, et de toute la génération représentée par le trio Saturn/Playstation/N64.

Shadowman