Frame Grid est un jeu vidéo DreamCast publié par From Softwareen 1999 .

  • 1999
  • Action

Test du jeu vidéo Frame Grid

4/5 — Exceptionnel ! par

Je vous avais déjà parlé de Heavy metal Geomatrix, et vous connaissez probablement Virtua on 2, et vous vous dites que, maintenant que vous êtes fort à ce genre de jeux, ils vous en faudrait un plus hardcore, plus orienté duel, plus compétitif. Vous vous attendez à ce que je vous donne la réponse, mais vous la connaissez déjà, vu que vous avez déjà lu le titre de ce jeu. Et oui, Frame grid, ça va être cela. Et vous verrez qu’il n’est pas là pour rigoler.

Virtua on-fantasy-underground

Voici un bel intertitre. Virtua on pour le genre, fantasy pour le petit coté RPG, underground pour le coté tuning. Dans Frame grid, il y aura de tout ça. On commence bien sûr par construire son robot. Au début, il y a un questionnaire afin d’avoir à peu près le robot qui vous convient, mais vu que c’est en japonais, j’ai un peu répondu au pif. Ensuite, vous êtes dans le « garage » de votre robot. Là, vous pourrez effectuer diverses modifications, dont voici ma petite traduction du menu.

-Aller à la carte

-Entraînement

-Sélectionner les bases du robot

-Choisir votre équipement

-Choisissez la couleur de votre robot

-Choisir un robot de soutien

-Construire des équipements

-Option diverse avec :

-Voir le score

-Sauvegarder

-Charger

-Quitter

Bon, on va se lancer dans un combat pour commencer, vu que vous êtes un peu fauché pour l’instant. 10 secondes de chargement, et vous tombez sur une carte. Au début, vous n’aurez pas le choix, il n’y a qu’un combat. Au fur et à mesure des victoires, vous débloquerez un à un les nouveaux combats, jusqu’au boss final du jeu. On peut le dire, la progression est assez linéaire dans sa construction. Heureusement qu’on va buter sur certains combats. Ho oui ! Allez, on lance le premier. Sympa la petite animation, mais le chargement est assez long. Ca démarre. Première constatation, vous ne vérouillez pas votre ennemi. Si vous êtes assez proche en face de lui, un réticule rouge l’entoure et indique que vous le visez. Ainsi, vous ne tournez pas automatiquement autour de votre ennemi. Vous devrez vous déplacer latéralement en utilisant les gâchettes. Pourquoi ? Tout simplement car l’ennemi (tout comme vous) peut invoquer des robots (limités en nombre). Plus petits, plus faibles, ils sont néanmoins un soutien efficace, et toujours agaçant lorsque ce n’est que l’ennemi principal qui compte. Si vous avez joué à un jeu comme Streets of rage, vous voyez bien que ces petits ennemis en plus du boss peuvent se révéler très gênants. Parlons contrôles histoire de faire efficace :

Mini Joystick : la vue

Croix directionnelle : déplacement du robot

A : sauter, glisser

B : coup d’épée

X : se protéger

Y : tirer

Ca peut paraître simple comme ça, mais ça va se révéler beaucoup plus complexe. Tout d’abord, le sauter et le glisser. Lorsque vous êtes immobile, vous ne pourrez que sauter, mais si vous vous déplacez, vous glisserez (vous êtes plus rapide, mais il y a un effet d’inertie), appuyez alors une fois encore sur A pour sauter. Maintenant, sachez que plusieurs combinaisons de touches sont possibles pour diverses attaques (ainsi que pour invoquer des robots). Par exemple, si vous êtes au corps à corps avec votre ennemi vous pourrez appuyer sur Y pour un coup de poing, B pour un coup d’épée, ou bien gâchette gauche+gâchette droite+B pour un combo à l’épée. Pourquoi alors la possibilité d’attaquer avec B, si le combo est plus puissant ? C’est simple, le combo consomme de l’énergie. L’énergie va être un facteur important dans le jeu. Hormis les déplacements et les coups d’épée, tout nécessite de l’énergie. L’énergie se recharge d’elle-même pour peu que vous restiez un peu tranquille avec votre consommation. Il faudra donc bien penser vos attaques. Si une grosse attaque comme Y+B est efficace, elle est néanmoins coûteuse en énergie, et il faudra alors penser si vous pourrez après vous cacher pour récupérer cette énergie. De même, le fait de sauter ou glisser aussi, alors que ces mouvements seront le bienvenu pour une fuite improvisée. Vous croyez que c’est tout ? Et bien non, votre robot peut subir des dommages, oui, mais cela influera sur la façon de jouer. En effet, en bas à gauche, il y a un petit schéma de votre robot. Tout est bleu, c’est ok, mais lorsqu’une partie est rouge, ça se gâte. Par exemple, si les jambes sont rouges, vous ne pourrez plus sauter, si le torse est rouge, l’énergie reviendra très doucement. Poussez encore, et votre équipement pourra être détruit ! Votre bouclier est bousillé ? Protégez vous, et c’est votre bras qui va en prendre un coup, et votre arme avec du coup. Les jambes sont explosées ? Il faudra en racheter ! Comment racheter de l’équipement ? Chaque robot détruit libère des gemmes qu’il faudra récupérer, avec lesquels vous pourrez concevoir de nouveaux équipements. J’ai bien dit chaque robot ! Même les petits robots que l’ennemi envoie ! Du coup, les détruire peut avoir un avantage plus conséquent que de ne plus les avoir dans les pattes.

Ce robot se pilote. La maniabilité est ardue. Il y a pas mal de trucs à prendre en compte, notamment les dégâts et l’énergie, si bien que l’architecture des arènes est un élément crucial. Il y en a où vous pourrez vous cacher, et d’autres pas ! Le fait que vous maniez directement le robot sans système de vérouillage va s’avérer ardu au début. Tout d’abord, sachez que la caméra est assez proche de votre robot, si bien que vous voyez mal sur les côtés. Ne vous inquiétez pas, il y a tout de même des flèches pour vous indiquer de quel coté se trouve l’ennemi. Cependant, si il est derrière vous, ça peut être frustrant. Lui aussi il glisse, et il glisse bien, si il se faufile derrière vous, ça peut être dûr de lui faire front. Lorsque vous êtes proche de cet ennemi, la caméra se met un peu plus de coté, toujours derrière vous, mais se place un peu plus sur la droite, histoire d’avoir une position entre le jeu habituel et une position de jeu de baston. La caméra aura donc pas mal de mouvement dont il faudra s’habituer, mais elle ne se bloque jamais en fait, et sa position fait partie du gameplay. Petit soucis, le mini joystick est quasiment inutile, peu nécessaire, et quasi inutilisable en pleine baston, j’aurais préféré qu’il serve lui aussi à se déplacer.

Mais parlons robot cette fois ci, car avec toutes les gemmes que vous avez ramassées, il y a de quoi faire. Plus de 70 équipements sont possibles pour votre robot, sans compter les robots de soutien. Il y a le casque, le torse, les jambes, le bras, l’arme à feu, l’arme de proximité, l’arme de grosse attaque, les anneaux de puissances. Chaque partie peut être changée. Outre l’esthétique, chaque élément a ses propres caractéristiques. Par exemple, les armes à feu sont basées sur la puissance d’attaque, la précision, la vitesse, la fréquence de tir, et la consommation d’énergie. Les bras sont basés, eux, sur l’équipement, l’endurance, la mobilité, la puissance, et la consommation d’énergie. Hors de question de dire qu’il y a un élément à acheter plus puissant qu’un autre, ils sont tous égaux en statistique (et en prix, j’y reviendrai…) Il faudra donc faire votre choix selon votre manière de jouer. Surtout que vous pouvez adapter votre robot selon l’arène qui va suivre. Vous pourrez vous planquer facilement ? N’hésitez pas alors à prendre un plus gros flingue, quitte à ce qu’il consomme plus d’énergie, vous pourrez vous recharger plus facilement. Ensuite, il y a les robots de soutien, qui consomment de la force (« life force » est la traduction anglaise qu’on peut donner). Eux aussi il faudra les acheter avec des gemmes. De tout cet équipement, vous pourrez en acheter autant que vous voulez. Vous pouvez très bien faire des réserves. Mais ce n’est pas forcément utile ni conseillé. En fait, le mieux est de garder vos gemmes, et de ne les dépenser qu’en cas de besoin, surtout que vous aurez peut-être fortement besoin d’acheter de nouvelles jambes par exemple. Si vous les avez pétées que vous n’en avez plus, vous ne pourrez pas repartir au combat. Il est nécessaire d’être pleinement équipé pour combattre, alors pensez y, sinon, vous allez vous retrouver à sec sans moyen de repartir, ce serait bête ! Mais causons atelier, là où vous pourrez dépenser vos gemmes pour construire de nouveaux équipements. Comme vous l’aurez constaté, à coté de chaque équipement possible, il y a deux icônes représentant une gemme. Si elle clignote, ça veut dire que vous avez la gemme nécessaire. Chaque équipement se crée avec la combinaison de deux gemmes. Regardez bien les deux gemmes nécessaires pour tel équipement, et reproduisez-là dans l’atelier. Vous pouvez aussi appuyer sur A pour choisir l’équipement dans la liste. Si vous n’en avez pas, le jeu va vous le signaler, et fera la combinaison à votre place dans l’atelier.

Voila, vous pourrez personnalisez votre robot des pieds jusqu’à la tête. Le but étant bien sur de créer le robot avec lequel vous serez le plus efficace. N’oubliez pas de sauvegarder, car le jeu en solo va aider le jeu en multi. Et oui, votre robot pourra être utilisé en multi. Parlons-en justement. Le jeu ne peut se jouer qu’à deux maximum. L’écran est divisé verticalement. Vous pourrez bien sûr choisir votre arène, prendre le robot de base proposé par l’ordinateur, ou bien importer votre propre robot ! Et ce pour les deux joueurs ! Il n’y a plus qu’à se ramener avec sa carte mémoire pour venir latter un pote chez lui. Mais ce n’est pas tout. Si le jeu dispose d’une page Internet à lui accessible via la Dreamcast comme beaucoup d’autrs, il y a aussi le jeu via le Net ! Je n’ai pas pu l’essayer, mais imaginez un peu, des combats de robots, où chacun a sa propre identité. Chacun ayant sa technique, son robot, son imagerie, son stock de gemmes, ses statistiques de victoire et de défaite, etc… C’est très alléchant tout ça ! Il y a même un mode Net via numéro de téléphone ! Un jeu qui tient les promesses du jeu par Internet de la Dreamcast.

Et ce n’est que le début

Voilà un bien joli jeu de Dreamcast. Elle doit bien être au bout de ses capacités pourrait-on se dire. Et bien non, même si le jeu est un beau jeu Dreamcast, il est encore plus un très beau jeu de 1999 ! Très impressionnant pour l’année. Le jeu a de belles textures, des décors assez riches et variés, pas de bugs graphique, les effets spéciaux sont impressionnants, les effets d’eau réussis (mention spéciale au niveau qui se passe dans l’eau, avec notamment un effet de distorsion très réussi) la caméra assure le coté vif de l’action. On peut dire que ça en jette, surtout que le jeu est super fluide, avec aucun ralentissement ni clipping, et avec bien sur de l’anti-aliasing. Poussons le vice jusqu’à remarquer l’excellente modélisation des robots et aussi bien sûr, des éléments qui se rajoutent sur lui comme les armes que vous avez choisies ou je ne sais quoi. Les menus sont bien faits, les artworks super jolis et stylisés, ainsi que des écritures gothiques lors des victoires. Un jeu joli, jusqu’à l’écran de la carte mémoire, sur lequel défilent des robots. Des défauts dans les graphismes ? Allez, signalons tout de même les tirs de certaines armes que je trouve un peu cheap, et l’ombre du robot, qui n’est qu’un vulgaire rond. Ce n’est pas ça qui entache l’excellente qualité de ce jeu sorti en 1999. Il y a cependant une arène en forêt où il y a du brouillard. Il faudra se mettre en tête que ce brouillard est fait pour faire joli et non pour cacher le clipping. Dûr quand on passe de la N64 à la Dreamcast. Le son est plutôt commun, avec notamment des musiques assez discrètes, pas inécoutables, mais pas transcendantes. La musique du menu de sauvegarde est bien sympa cela dit. Pareil pour les bruitages, assez riches, mais rien de particulier. Le jeu ne crée de toute évidence pas la même ambiance qu’un Gundam side story 0079. La maniabilité est coriace à prendre en main. Pas de gros défaut, mais clairement orienté pour les joueur pro. Un joueur moyen ou occasionnel va plutôt être frustré, et aura vite fait de s’embourber dans les commandes, surtout qu’il ne connait aucune combinaison de touche pour faire des combos, et se contentera de jouer de façon bourrine et peu efficace, alors que le jeu nécessite beaucoup de stratégie et de réflexion. Autant dire que si vous vous contentez de canarder votre adversaire avec Y lorsqu’il est loin, et B lorsqu’il est près, vous allez vite rester perplexe quand à l’intérêt du jeu, alors qu’il est l’un des plus riches du genre. Le mode solo est assez coriace, avec 13 robots à battre, un par arène. Vous buterez sur certains ennemis, mais rien d’insurmontable.

Pour tout vous dire

Frame grid est un jeu impressionnant techniquement, surtout pour un jeu de 1999, qui a un gameplay riche, et parfaitement équilibré pour le multi. Mais autant vous dire tout de suite qu’il s’avère avec ça surtout fait pour les joueurs pro. Le jeu est assez dûr à maîtriser au début, et nécessite pas mal de stratégie. Considérez la note comme un 6/10 pour un petit joueur, occasionnel, ou qui ne connaît que les jeux faciles où le joueur est très assisté. Pour eux, je conseille Heavy metal Geomatrix, plus simple, moins stratégique, plus orienté fun. Disons que ces deux titres se complètent. Pour faire simple, Frame grid est un trésor pour ceux qui veulent du challenge, et des duels qui font couler la sueur du front, mais un calvaire pour ceux qui sont habitué à du jeu qui pourrait se jouer d’une main. Vous pourrez trouver tout ce qu’il faut comme traduction et petits guides sur www.gamefaqs.com.

Frame Grid