Développé par Clive Townsend, publié par Durell Software en 1986.
Saboteur vous met dans la peau d’un espion tout de noir vêtu (on dirait un ninja ou un terroriste) chargé d’infiltrer le repaire ennemi afin d’y dérober une disquette (eh oui, pas de cd-rom à l’époque) avant de tenter de s’échapper en hélicoptère.
Après avoir sélectionné le niveau de difficulté entre neuf (oui, neuf !) possibilités, qui déterminent entre autres le nombre d’ennemis et la complexité du chemin qui vous mènera au disque, vous commencez l’aventure avec une – très courte – animation qui voit votre perso s’approcher du ponton en dinghy avant de bondir majestueusement dans l’eau. Ça y est, vous êtes « in charge », comme notre cher JCVD aurait pu le dire.
Action frénétique… ment calme
Pour tous ceux et celles qui lisent ceci et qui adorent les jeux où l’on dégomme à tout-va, sachez que vous commencez la partie avec une seule arme (un shuriken) et que vous ne pourrez jamais en porter qu’une seule à la fois. Il vous faudra donc ramasser ce que vous pourrez trouver, comme des briques, des couteaux, … sans oublier vos poings et vos pieds. Après tout, vous êtes en mission d’infiltration et non de démolition.
Les adversaires ne sont franchement pas terribles. Non seulement il y en a peu, mais en plus on peut facilement les éliminer sans se faire repérer en avançant pas à pas, de manière saccadée. S’ils vous repèrent, accroupissez-vous et ils vous manqueront. Seuls les chiens ne se laisseront pas berner, mais il est possible de les avoir dans les pièces où un canon est situé au plafond : repérez l’endroit du sol où le projectile atterrit, positionnez-vous un peu devant et si vous avez du bol, le chien se mangera le projectile et se transformera en carpette sous vos yeux satisfaits. Sinon, sautez au-dessus et évitez-les.
Votre barre d’énergie vitale se recharge petit à petit lorsque vous restez immobile. Vu que vous vous retrouverez souvent seul dans une pièce à ne rien avoir à faire, vous aurez l’occasion de laisser votre ninja recharger ses batteries pendant que vous serez parti(e) :
a) vous faire un sandwiche fromage à tartiner - cornichons ;
b) rouler un joint et remonter une cannette de bière du frigo ;
c) regarder les résumés des matchs de foot du week-end à la télé (si vous ne l’avez pas dans votre chambre…) ;
d) aux toilettes.
La majeure partie de ce jeu consistera en l’exploration de ce grand bâtiment, et autant que vous le sachiez tout de suite, vous vous ennuierez probablement pas moments. Traverser plusieurs fois de suite les mêmes corridors vides, ça lasse. Mais en vous accrochant, vous parviendrez dans les niveaux inférieurs où vous trouverez finalement un métro. Vous toucherez alors au but…
Mais je constate que j’avais omis de vous faire part d’une information importante : vous êtes limité dans le temps ! Ah, ah ! Ça change tout, pas vrai ? Donc si vous faites une pause comme suggéré plus haut, il vaut mieux en avoir encore beaucoup devant vous, ou être près de la fin du jeu !
Comme bonus, vous avez aussi la possibilité, une fois la disquette en votre possession, de déclencher une bombe à retardement. Bien sûr, vous avez intérêt à connaître l’emplacement de l’hélicoptère avant, sinon vous risquez de sauter avec tout le reste.
Réalisation
Bon, j’y ai joué sur écran monochrome, mais un rapide coup d’œil aux captures d’écran ci-dessus vous donnera une idée de ce à quoi ça ressemble. Sinon, les sprites sont bien définis mais sommaires malgré tout. Les décors de fond se limitent à des espèces de carreaux de salle de bain. Je m’amusais d’ailleurs jadis à essayer de fondre mon personnage dans le décor, en le faisant se confondre avec une ombre ou quoi que ce soit de foncé. Oui, je sais !
L’animation est quasi inexistante : mis à part vous-même et les ennemis, très peu de mouvements à l’écran. Soyons positifs : il n’y a ni ralentissements ni clignotements. ;o)
Musicalement, c’est le néant : mis à part un thème au début, rien à signaler. Maintenant, les espions écoutent-ils de la zique lorsqu’ils sont en mission ?
Enfin, les bruitages divers sont eux-aussi basiques de chez basiques : poc ! (vous avez abattu un garde d’un coup de brique bien placé), tchac ! (vous avez abattu un autre garde d’un lancé de couteau d’une précision chirurgicale), shhhhh ! (ça c’est le train). Un très gros effort d’imagination vous sera demandé.
En résumé
Saboteur, je vous l’avoue, évoque en moi de très bons souvenirs. Il me transporte à une époque bénie et malheureusement révolue.
Étant toutefois aujourd’hui un adulte désillusionné et aigri, je vais donc brûler ce que j’ai adoré et vous déclarer sur l’honneur ceci : c’est un jeu pas mal soporifique, en ce sens qu’il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est chercher son chemin et caresser l’occiput aux occasionnels ennemis rencontrés. Ceci combiné à l’absence de musique et aux graphismes peu fouillés – mais bien définis – ne contribue pas à ce que le joueur s’enthousiasme outre mesure.
Néanmoins il m’a à l’époque maintenu en haleine, et je me dois de dire que je n’avais pas vu le temps passer. Je n’avais sans doute pas mieux à faire, mais bon, je l’ai fini plusieurs fois.
Il serait malgré tout difficile de s’investir pleinement dedans aujourd’hui. Je pense qu’il intéressera avant tout les nostalgiques comme moi.
Verdict : 5/10