Lost In Mine est un jeu vidéo Amiga publié par MarkSoften 1995 .

  • 1995
  • Réflexion

Test du jeu vidéo Lost In Mine

4/5 — Exceptionnel ! par

Introduction

Et voila, cet ascenseur de malheur est encore tombé en panne. Encore une fois je me retrouve coincé dans cette foutue mine. Et cela arrive toujours quand c’est mon tour de garde, quel drôle de hasard ! Ces anciennes mines de Pologne c’est tout sauf des vacances. Le « petit père du peuple » aurait pu faire le ménage en partant, il y a un désordre ! Si on revendait à la ferraille tout ce qui traîne par terre, nous serions riches à millions. Et plus besoin de mettre les pieds dans cette satanée mine !

Il paraîtrait que certaines salles contiennes des coffres remplis d’or. Durant les guerres mondiales, les militaires de tous bords n’ont pas cessé de truffer la montagne de coffres-forts. Une vraie banque Suisse, sauf que personne n’a jamais réussi à faire de retrait. Il faut dire qu’il reste beaucoup de reliques prêtes à vous sauter à la figure.

Soudain une sirène retentit au loin alors que je tente de déchiffrer un plan en partie rongé par la moisissure. Fichtre, apparemment mes collègues ne se sont pas aperçus de mon absence et sont sur le point de faire sauter les charges ! Il n’y a plus une minute à perdre, il faut filer d’ici avant d’être enseveli sous des tonnes de gravas. Quand je vous disais que ce n’était pas des vacances !

Ca va péter mon Colonel

Le but du jeu est simple : entrer dans une zone, prendre toutes les pièces d’or, ressortir avant la fin du compte à rebours, pas vu pas pris et j’pars aux Canaries.

Si en début de jeu l’exercice ressemble à une promenade de santé, la difficulté augmente crescendo jusqu’à en devenir dingue. Je vais énumérer par la suite tous les éléments utilisables disponibles, cela donne une idée de toutes les interactions possibles. Une chose est sûre, les gars de Wookie Soft ont imaginé des scénarii tordus autant que possible. Si bien que personnellement je ne suis jamais parvenu à dépasser un certain niveau ; j’ai eu beau inspecter chaque recoin, explorer toutes les possibilités, je n’ai toujours pas trouvé la solution. Ou alors c’est que j’ai manqué une subtilité…

Mais un jour je l’aurai celui-là, tôt ou tard !

En avant les stakhanovistes !

Tout est dans le titre. Le défi est de piller toutes les pièces d’or d’une zone en un temps record. Pour cela il vous faudra user d’ingéniosité pour progresser dans ce labyrinthe de galeries. Contrairement à l’époque de ce cher Alekseï, vous disposerez du dernier cri en matière de technologie de forage. Comme promis, passons en revue l’équipement :

  • Une télécommande, pour guider les engins de chantier. Cette télécommande utilise une fréquence différente dans chaque zone, il faut donc en récupérer une nouvelle à chaque mission.

  • Des clés de sûreté. Ce sont des clés standards de mineur, n’importe quelle clé peut ouvrir toute les serrures, elles sont cependant à usage unique.

  • Un baladeur MP3. Pourquoi, direz-vous ? C’est parce que l’on ne capte pas la radio à cette profondeur, hé ! D’autres questions ?

  • Des bâtons de dynamite, toujours utiles à condition d’en trouver. A noter qu’il faut d’abord percer un trou dans la roche avec l’engin approprié avant de placer les charges à l’intérieur.

  • Un pistolet. Dans les situations désespérés cela peut être en quelque sorte une porte de sortie…

Les engins de chantier mobiles représentent le gros de l’équipement. Mais il n’est en général pas possible d’en utiliser un en l’état, il faudra parfois l’acheminer sur le lieu demandé avec une plate-forme élévatrice et l’orienter correctement à l’aide d’une machinerie en forme de tourne-disque géant, semblable à celle utilisée dans les chantiers ferroviaires pour que les locomotives fassent demi-tour. Voyons maintenant les différentes machines et leur fonction :

  • L’excavatrice. Cet engin assez lent va creuser droit devant lui. Seule la terre meuble sera traversée, les rochers ou les murs d’acier sont des barrages impénétrables. Il est possible de convoyer cette machine plus rapidement à condition de ne pas activer les dents.

  • Le canon laser auto-porté. Ce petit char sera très utile pour venir à bout d’épais blindages. Le laser pourra aussi servir pour faire détonner de la dynamite préalablement placée.

  • La perceuse. Cet engin est doté d’un foret en titane extrêmement résistant, pouvant pénétrer n’importe quel minéral. Les trous ainsi formés vous permettront d’y placer de la dynamite.

  • Le ponteur. On n’arrête pas le progrès. Il y a une fosse abyssale à vos pieds ? Pas de problème, envoyez devant ce robot et il va construire un pont pour vous. Mais ne me demandez pas par quel miracle le matériau parvient à supporter le poids de la machine avant que le pond n’enjambe complètement le précipice. A croire qu’il possède des propriétés anti-gravitationnelles !

Restons dans le high-tech avec cette fois les engins à mobilité réduite. Plus généralement, cela comprend tous les systèmes de commandes, les portes de sécurité ou encore les élévateurs. J’ai par ailleurs déjà évoqué le « tourne-disque ».

  • L’excavatrice verticale. Cet engin s’utilise comme les autres. Simplement il est fixé au plafond et ne peut forer qu’en profondeur.

  • Le téléporteur. Alors ça c’est le clou du spectacle. Qui aurait cru trouver cela au fond d’une mine polonaise ? L’ironie est d’autant plus forte qu’aucune de ces machines ne mène à la surface.

Avec tout ce bric-à-brac on a de quoi s’amuser. Un petit exemple : pour récupérer toutes les pièces et enclencher de ce fait l’ouverture de la sortie, il faudra en priorité trouver une télécommande. Pour se faire : explorer la mine, utiliser divers petits ascenseurs et téléporteurs, atteindre des interrupteurs puis activer des élévateurs plus grands, et ainsi rendre praticable un parcours. Utiliser ce dernier pour acheminer les engins de chantier là ou ils seront utiles, etc., puis vient l’utilisation de ces machineries diverses, pour percer des passages et des raccourcis jusqu’aux coffres et enfin vers la sortie (après avoir pillé les coffres, cela va sans dire). Le tout dans un temps imparti, autant dire qu’il faudra optimiser les déplacements autant qu’il y aura d’aller-retours à faire.

Il y a enfin le petit truc subtil pour que cela ne soit pas trop facile, c’est l’ajout d’équipement supplémentaire qui est inutile à l’achèvement du niveau. C’est bête mais il fallait y penser.

Amène donc ta carotte fraîchement excavée

Beau titre que voilà pour parler maintenant un peu technique. Ce jeu propose un certain nombre de contrastes intéressants : des niveaux gigantesques et un personnage haut comme trois pixels, un timing serré et des mécanismes lents à utiliser.

Mais la première chose qui retient l’attention est sans aucun doute la définition graphique du jeu. J’ai toujours été impressionné par l’ouverture visuelle du jeu, qui donne un rendu comparable à de la haute résolution. Pourtant la résolution est tout ce qu’il y a de plus classique, il n’y a qu’à observer le personnage pour se rendre compte qu’il n’est composé que de quelques pixels. Tout le reste est dédié à l’affichage du niveau, ce qui donne cette impression de gigantisme. Les textures sont également travaillées finement. Bref, ce n’est pas ici qu’il faut chercher des défauts.

Coté level design je peux témoigner que les possibilités du jeu ont été pleinement exploitées, et n’ayant pas réussi à terminer le jeu je n’ose imaginer le défi que nous propose l’équipe Wookie.

L’environnement musical n’est pas en reste et rappelle quelques airs étrangement connus. J’y ai même retrouvé « Felicità ». Que vient faire un hit italien des années 80 dans un jeu polonais, je vous le demande ! Mais ce n’est pas mon quart de génétique italien qui s’en plaindra, non mais. Les bruitages complètent le bateau de manière classique.

Enfin, coté arcade, le score va surtout se jouer sur le nombre de nivaux que vous êtes parvenus à franchir. En fin de niveau, le temps restant et le nombre de vies produit un bonus. N’oubliez pas de noter le code de sauvegarde qui s’affiche périodiquement en début de niveau, cela vous permettra de reprendre le jeu non loin de votre dernière position, mais en ce cas le score est remis à zéro.

« Koniec Gry »

Lost in Mine est un parfait exemple du savoir-faire polonais sur Amiga et plus généralement dans le domaine du jeu-vidéo. Ceux qui ont aimé des titres comme Benefactor, Fury of Furries, The Lost Vikings (et bien d’autres) trouveront pour ce jeu une place de choix dans leur ludothèque.

Lien HOL : http://hol.abime.net/4666

Installable : OUI, avec la version CD ou en rusant un peu.

Lost In Mine